Le témoignage ci-dessous, confirme d'une façon singulière que l'écoute (donc le silence) modifie profondément la communication et qu'il se dit des choses plus fortes. C'est le cas dans un "échange" avec quelqu’un qui se trouve dans le coma : on ne se sent pas jugé puisque la personne, par la force des choses, ne répond pas. Se faisant, on communique différemment.
Tanguy Châtel, sociologue, accompagnant pour l’ASP (Association pour le développement des Soins Palliatifs), déclarait en octobre 2008, sur Europe 1 :
« Dans la vie nous sommes toujours en relation avec de gens qui peuvent réagir. Donc notre communication tient compte de leurs réactions. Etre face à quelqu’un qui ne peut pas réagir autorise des espaces de communication tout à fait nouveaux : être capable de dire qu’on aime sans craindre d’être interrompu, sans susciter une réaction d’enthousiasme, ou de rejet, ou d’ironie, être capable de demander pardon, être capable de pardonner… y’a une possibilité de parler qui est libérée, qui est autrement plus puissante et qui tient au fait que l’autre ne peut pas répondre. Et ça c’est très curieux concernant le coma : il entend, mais il ne peut pas répondre. »
En nous taisant davantage et en écoutant nos interlocuteurs, nous leur offrons la possibilité de nous dire des choses qu'ils ne nous auraient jamais dites autrement.
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